Je ne pratique pas la langue de bois
- Laura, cheffe de tribu engagée et passionnée

- 19 janv.
- 4 min de lecture
Je dis souvent à mes clients que je ne pratique pas la langue de bois.
Et ce n’est pas une posture.
C’est un choix.
Parce que mon travail, ce n’est pas de leur dire ce qu’ils ont envie d’entendre,
c’est de leur dire ce qu’ils ont besoin de comprendre.

“Je veux un site moderne et branché”
C’est une phrase que j’entends souvent.
Alors je demande :
“Super, montrez-moi des exemples.”
Et là, le client me montre un site avec des effets 3D datés, un logo pixélisé, une typographie digne de PowerPoint 2005.
Et je sens venir le moment délicat : dire la vérité, sans blesser.
Parce que dans ce métier, tout est là :comment dire “non” sans fermer la porte,
comment dire “ce n’est pas moderne du tout” sans passer pour arrogante.
Mais je le dis. Toujours.
Poliment, fermement, mais honnêtement.
Parce qu’à quoi bon être prestataire si on ne sert pas le projet ?
Dire la vérité, ce n’est pas critiquer
Il faut comprendre que dans la communication, la franchise ne s’oppose pas à la bienveillance.
Elle en fait partie.
Quand je dis à un client que sa référence est dépassée, je ne critique pas son goût,
je protège son image.
Je ne dis pas “c’est moche”, je dis “ce n’est pas cohérent avec votre positionnement”.
Ce n’est pas la même chose.
Et c’est exactement là que se joue la relation de confiance :
quand le client comprend que ma franchise n’est pas contre lui,
mais pour son projet.
Mais il y a des fois où je cède
Je pourrais dire que je suis toujours droite dans mes convictions,
mais ce serait mentir.
Il y a des fois où je cède.
Parce que la personne en face est convaincue, ou fatiguée, ou fermée à la discussion.Parce qu’on sent que pousser plus loin casserait la relation.
Ou simplement parce qu’il faut avancer.
Et dans ces moments-là, on choisit.
On choisit entre avoir raison et être utile.
Entre défendre son ego et préserver la collaboration.
C’est frustrant, bien sûr.
Mais c’est aussi ça, la réalité du métier :
être pro, c’est parfois accepter de ne pas gagner toutes les batailles.
Le parallèle du tatoueur
C’est comme un tatoueur qui a son style, son trait, sa patte.
Et qui voit arriver un client avec un motif trouvé sur Pinterest.
Un petit symbole banal, copié mille fois, sans âme.
Le tatoueur essaye de le convaincre :
“Laissez-moi vous faire quelque chose dans mon style, ce sera unique.”
Mais le client insiste.
Et à la fin, soit il le fait, soit il perd le business.
Alors il le fait.
Mais il sait très bien qu’il signe un dessin qui n’est pas vraiment le sien.
C’est pareil dans la communication.
On essaie d’élever, d’expliquer, de guider.
Mais il y a des moments où il faut simplement accepter.
Trouver l’équilibre
C’est là que tout se joue :
trouver l’équilibre entre dire les choses et les faire passer,
entre défendre sa vision et respecter celle du client.
Parce que dans le fond, on ne travaille pas contre le client,
on travaille avec lui.
Et même si on ne peut pas toujours imposer notre idée,
on peut toujours semer une graine de compréhension.
Ce n’est pas de la langue de bois,
c’est de la pédagogie.
Chez Evo Consulting, on ne fait pas semblant.
On ne dit pas “oui” à tout pour vendre.
On dit “oui, mais voilà pourquoi ça ne fonctionnera pas comme vous le pensez”.
C’est une posture un peu à contre-courant, mais c’est celle qui crée la confiance sur le long terme.
Parce qu’un client qu’on a osé contredire, s’il reste, c’est un client qu’on accompagnera vraiment.
Dire non, c’est aussi une preuve de respect
Dire non, ce n’est pas rejeter.
C’est protéger.
Protéger le projet, la cohérence, le résultat.
C’est une forme de loyauté intellectuelle.
La langue de bois, c’est plus simple, plus confortable.
Mais elle finit toujours par coûter cher :
en crédibilité, en résultat, en confiance.
Alors non, je ne pratique pas la langue de bois.
Je préfère la clarté.
Même si parfois, elle pique un peu.
FAQ
Pourquoi la franchise est-elle importante dans un projet de communication ?
La franchise est essentielle pour garantir une relation de confiance avec le client. Elle permet de protéger l’image du client tout en assurant la cohérence du projet.
Comment dire “non” sans fermer la porte ?
Dire “non” sans fermer la porte, c’est savoir formuler ses critiques de manière constructive, en expliquant pourquoi une direction pourrait être contre-productive, sans attaquer la personne.
Comment trouver l’équilibre entre défendre sa vision et respecter celle du client ?
Il faut écouter attentivement le client, comprendre ses besoins, et proposer des solutions alternatives qui respectent à la fois sa vision et les exigences du projet.
Pourquoi dire non à un client peut être une preuve de respect ?
Dire non, c’est parfois protéger l’intégrité du projet, éviter des erreurs et garantir un résultat cohérent. Cela montre un engagement pour la qualité et le succès à long terme.
Qu’est-ce que la langue de bois dans un contexte de communication ?
La langue de bois est un discours vague et inexact qui évite de dire la vérité pour plaire. Dans la communication, elle nuit à la clarté, à la crédibilité et à la confiance.




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